Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité Alimentaire au moment de son allocution.

 

 

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Excellences Mesdames et Messieurs les représentant du Corps Diplomatique,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Corps Constitués,

Mesdames et Messieurs les opérateurs économiques et partenaires au développement

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

La Foire Agricole de Libreville ouvre aujourd’hui ses portes pour la deuxième fois. Elle constitue une manifestation de promotion commerciale de notre agriculture destinée à permettre aux producteurs d’exposer et de vendre leurs produits fruit de leur labeur et savoir-faire. Elle donnera aussi l’occasion de dispenser des conseils et générer des opportunités de partenariats et d’affaires.

Cette édition a retenu pour thème central : «  La promotion des activités génératrices de revenus pour le développement de l’agriculture familiale ».

Mesdames et Messieurs les Participants

L’Agriculture du continent africain reste peu développée, l’essentiel de la production étant assuré par des petits paysans dans le cadre d’une Agriculture Familiale. La production agricole de notre continent résulte du travail des populations rurales qui représentent plus de 60% de la population. Même si le Gabon, présente une situation inversée avec 70% de population urbaine.

Il me semble utile, au préalable, de reconnaître l’importance de cette agriculture familiale qui nourrit le reste de la population ; l’Afrique compte aujourd’hui plus de 33 millions d’exploitations de moins de 2ha qui représente 80% des exploitations. Le Gabon en compte environ un millier d’une superficie moindre en moyenne.

C’est d’ailleurs pour marquer cette position que la FAO a déclaré 2014, année de l’Agriculture familiale. De même l’Union Africaine a fait de 2014 l’année de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire avec pour thème : « Transformation de l’Agriculture Africaine pour une prospérité partagée et un mieux-être à travers l’exploitation des opportunités pour une croissance inclusive et durable ».

Mesdames et Messieurs,

Le développement agricole du Gabon à l’instar de nos Etats nécessite des actions multiformes.

 

 

Le Premier axe d’intervention est d’accroître la production en vue de meilleurs revenus agricole.

Pour accéder au marché et vendre, le petit exploitant agricole doit d’abord produire en quantité suffisante pour pouvoir nourrir sa famille et commercialiser le surplus. Cette préoccupation d’accroître la production agricole nous amène à revisiter toutes les mesures indispensables à l’augmentation de la production des fermes et des petites exploitations.

Les actions à mener concernant aussi bien celles liées à l’accès à la terre, à l’énergie, à l’eau, aux intrants notamment aux engrais, aux équipements et aux machines que celles relatives à l’accès aux financements et à l’assurance agricoles.

De plus, avec une moyenne de 5% des dépenses publiques consacrées au secteur agricole en Afrique, les investissements dans ce secteur restent faibles. Malgré son potentiel, la situation est plus accentuée dans la sous-région d’Afrique Centrale où ces dépenses publiques représentent en moyenne moins de 2% et au Gabon moins de 1%.

C’est pourquoi, le Gouvernement Gabonais s’est engagé dans le cadre de la mise en œuvre du plan décennal du développement………………. (PDDAA), d’élaborer le Plan National d’Investissement Agricole, de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle.

Ce Plan s’inscrit dans la vision du Plan Stratégique Gabon Emergent du Président de la République, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA. Le Plan National………..(PNIASAN) du Gabon comporte comme axes d’intervention, les actions que j’ai précédemment indiquées (accès aux terres, aux intrants, aux crédits, etc.)

Le Deuxième axe d’intervention est lié aux infrastructures et voies de communication.

Les infrastructures de communication notamment les routes et pistes rurales demeurent une faiblesse préjudiciable au développement des petites exploitations familiales. La mise en place des réseaux routiers et piste rurales facilitera l’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommations, la régulation de la fréquence des produits agricoles sur les marché et stabilisation des prix des produits agricoles locaux.

C’est dans cette optique que le Gouvernement met en œuvre le Plan National d’Infrastructure qui va, en plus des pistes rurales, permettre la réalisation des corridors reliant l’ensemble des grandes zones de production agricole. Ces corridors vont regrouper un ensemble de voies de communication (route, chemin de fer, voies de navigation fluviale…) et des réseaux de distribution électrique. L’objectif étant de faciliter et d’accélérer l’accès au marché des productions agricoles de l’intérieur du pays.

Le troisième axe d’intervention est la mise en place des structures de collecte, de stockage et de commercialisation.

L’inorganisation des systèmes de commercialisation des produits agricole au Gabon constitue un frein pour le développement de l’Agriculture.

De grandes quantités de produits agricoles sont perdues par manque d’installations adaptées pour le stockage des produits (hangars aménagés, chambre froide…etc). Il devient indispensable d’élaborer et de mettre en œuvre des Plans directeurs pour la construction des infrastructures de commercialisation des produits agricoles.

Actuellement, nous disposons d’un programme de construction d’équipement des infrastructures de commercialisation des produits agricoles. Ce plan prévoit la construction des marchés communaux, départementaux, provinciaux et des marchés de gros autour des grandes villes. La gestion de ces marchés fera l’objet de la mise en place de partenariats Publics-Privés dans lesquels seront associés l’Etat, le secteur privé et les organisations de Producteurs.

A cet effet, nous avons déjà créé une Agence de Collecte et de Commercialisations des Produits Agricoles (ACCOPA) au sein desquels les organisations de petits producteurs et des commerçants siègent au Conseil d’Administration.

Le quatrième axe d’intervention est relatif à la Transformation des produits agricole.

L’essentiel de la production agricole de nos campagnes est encore vendu sous forme brute sans aucune transformation, ce qui limite fortement les recettes tirées de ces activités agricoles. Il faut donc favoriser la transformation de nos produits agricoles, pour une meilleure maîtrise de toute la chaine des valeurs des produits agricoles. La maîtrise de la chaine de valeur de nos produits devrait engendrer des meilleurs revenus pour les producteurs et améliorer le produit intérieur brut de notre pays ainsi que les conditions de vie en zone rural et périurbaine.

Dans ce nouveau chalenge, le partenariat Public Privé doit prendre toute sa place et jouer un rôle moteur dans le développement des industries Agro-alimentaires. A terme, il générera plus d’emplois notamment pour les jeunes et plus de richesse pour l’Etat.

Conformément au PSGE, le ministre de l’Agriculture… déploie ses services en vue de conduire le secteur agricole à sa professionnalisation. Il se charge d’une part de regrouper les petits producteurs en coopératives ou en association pour une mutualisation de leur efforts et pour les aider à acquérir des petites unités de transformation de leurs produits agricoles et d’autre part, de créer des agropoles avec des sociétés intégratrices qui vont collecter la production des petits exploitants et la transformer avant de leur redistribuer les gains issus des ventes.

Le cinquième axe d’intervention est l’intégration régionale.

Nous pensons qu’il est indispensable d’accélérer le processus d’intégration régional qui va ouvrir de grands marchés à nos producteurs et qu’il va les inciter à la compétition en offrant des produits labélisé et de meilleurs qualités.

Le sixième axe d’intervention concerne les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC).

Dans le cadre du processus de structuration à long terme de la profession agricole au Gabon, il est prévu la reconversion des organisations agricoles paysannes à caractère économique (coopératives, associations) pour en faire des unités professionnelles, gérées de façon autonome par les agriculteurs et répondant aux critères d’efficacité et de rentabilité. Nous devons généraliser l’utilisation de ces technologies dans ces unités afin de favoriser le développement de nos campagnes et d’encourager leurs usages en appui au secteur agricole notamment pour faciliter l’accès aux systèmes d’information relatifs aux marchés des produits agricoles. Cela permettrait aux petits paysans d’avoir, en temps réel, les informations sur les cours de produits agricoles sur les marchés. Ainsi il pourrait mieux planifier leurs ventes et limiter leurs pertes. La mise en place de ces systèmes pourrait améliorer la gouvernance des exploitations familiales et générer des revenus agricoles durables.

 

Mesdames et Messieurs, chers Participants,

La stratégie d’Investissement Humain du Gabon (SIHG) initié par Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat suite à une étude coordonnée par la Première Dame, est mise en œuvre par le Premier Ministre Daniel ONA ONDO et l’ensemble du Gouvernement. Elle prévoit quatre axes principaux d’intervention, à savoir les aides directes, l’accès aux services sociaux de base, les infrastructures sociales et les activités génératrices de revenus.

Le secteur agricole intervient essentiellement dans le cadre des activités génératrices de revenus ayant pour objectif de permettre l’autonomisation des familles économiquement faibles à travers la création de petits projets viables, à conditions d’être regroupées en coopérative ou en association. L’ambition étant de développer près de 11 000 projets d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour un investissement total de 10 à 15 milliards de FCFA.

Environ 2000 projets d’Activités Génératrices de Revenus seront développés dans le secteur agricole. Les services techniques du Ministre de l’Agriculture se sont organiser pour apporter tout le soutien nécessaire aux personnes concernées en assouplissant notamment les conditions de création de coopératives agricoles ainsi que les coûts y relatifs.

Tous ces efforts viennent compléter ceux déjà fournis dans le cadre du programme……. (PRODIAG) et du plan…….. (PDAR) en vue de renforcer l’Agriculture Familiale au Gabon.

Mesdames et Messieurs, chers Participants

Je terminerai mon propos en remerciant Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour avoir accepté d’ouvrir cette deuxième édition de la Foire de Libreville. Je voudrais également remercier les participants qui sont venus de pays amis ainsi que ceux venus des différentes provinces du Gabon.